Entré dans la vie active...)

Entré dans la vie active avec un contrat d’apprentissage de boulanger en juillet 1966, j’avais 14 ans et 5 mois. Je n'ai pas choisi ce métier, mais parents avaient décidé que ce serait comme ça ! Me voilà à 1 heure du matin dans le fournil. Le premier jour mon patron m’a dit  "regarde bien comment on fait, demain tu essaieras de faire pareil ". En effet, jour après jour, j’apprenais autre chose, façonner, pétrir, enfourner, faire des croissants, etc. Tous les jours de 1 heure à 13 heures, le soir pour faire le levain, entre une demi-heure et une heure. Puis, préparer le bois pour la chauffe de la première journée, le lendemain matin.

Le vendredi soir, nous commencions à 23 heures, jusqu’ au lendemain midi . Si je calcule correctement, ça nous faisait 67 heures par semaine. Faire du pain est un art passionnant. Tous les jours, il peut se passer autre chose, plus froid, moins d’humidité, farine différente, etc.

La première année, mon salaire mensuel était de cinq francs, ce qui vaudrait aujourd’hui 40 francs, soit dans les sept euros environ. Il est vrai que j’étais nourri et logé. En 1969, j’ai eu mon CAP et suis aussitôt parti à Paris pour compléter ma formation chez différents employeurs.

Ayant le goût des voyages, je me suis inscrit à un concours pour entrer à l’école hôtelière de Vichy, où j'ai obtenu mon Brevet Technicien Hôtelier. Par la suite, l’école de Vichy m’a fait compléter ma formation dans les palaces de Divonne-les-Bains, de Courchevel et notamment, le Trianon palace de Versailles, etc. Grâce à ce complément de formation, j'ai pu partir travailler au bout du monde et c’est ce que j’ai fait.

Je n’arrive pas à comprendre le tumulte actuel. Beaucoup de personnes s’en prennent à d’autres (politiques, fonctionnaires, patronat, syndicats, extrême gauche, extrême droite, etc.), alors que jour après jour, on peut s’informer des métiers dans lesquels il y a du boulot.

Est-ce qu’il faut faire bac + 6, ou alors, aller à l’école jusqu’à 26 ans, pour entrer en apprentissage ?

C’est vrai que le bon sens, le courage, la motivation, la curiosité, l’adaptation à d’autres façons de vivre, ne sont pas des choses qu’on apprend facilement !

Menu des messagerie maritime053

Menu à bord de la Compagnie des Messagerie Maritime

Ligne D'Extrême-Orient  S.S  ( LAOS ) première Classe  en route vers Durban, Samedi 3 Août 1968

 

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Menu à bord de la Compagnie des Messagerie Maritime

Ligne D'Extrême-Orient  S.S  ( LAOS ) première Classe  en route vers Durban, Samedi 3 Août 1968

 

Mes conclusions

        

                                                  Mes conclusions !

Il ne faut pas croire, l’expatriation n’est pas la panacée. Quand on se sent seul de l’autre côté du miroir, on constate que la réalité sur place est plus nuancée. J’ai vu certains arrivés sur place et au bout de huit jours tourner les talons. En ce qui me concerne j’ai persisté plusieurs années sans lâcher prise. Peut-être par fierté, mais surtout par curiosité. On nous appelait les salariés expatriés, ou le backpacker. L’expérience de l’éloignement, du nouveau, de l’inconnu, ce côté grisant, fascinant, mais aussi il faut le dire très violent. Mais voilà ! Ça on n’en parle pas. La solitude culturelle un sentiment d’isolement si particulier. La solitude n’est bien sûr pas un mal réservé à ceux qui ont choisi de partir vivre des missions dans un autre pays. Nous sommes nombreux à en souffrir chaque jour. Parfois même plus proche de nos familles. Je ne parle même pas de la souffrance des millions de personnes qui sont-elles en exil forcé dans des sociétés qui ne sont pas bienveillantes à leur égard. Pris dans la course du quotidien pour s’adapter expérimenter vivre l’intensité de l’expérience on oublie toutes les petites difficultés qu’on arrive à surmonter chaque jour. Toutes les petites choses qui ont provoqué des émotions fortes. Et aussi toutes ces petites choses que nous n’avons pas eu le temps de traiter sur le moment. Si on est en burn-aout l’employeur, ne viendra pas nous cajoler, et n’ira pas non plus prendre un rendez-vous chez un psychologue ou un psychanalyste comme en France. Toutefois avec du recul et mon expérience dans ces pays où j’ai travaillé qui n’étais pas des pays faciles, auxquelles tous les jours j’étais face à moi-même, et tous les matins je me remettais en question. Je me permets de recommander à toutes celles et tous ceux qui sont tentés par ce genre d’expérience de bien se renseigner et d’y regarder à deux fois. Et je conclurai par cette phrase « vouloir n’est-ce pas pouvoir ».

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